Ce n'est pas tous les jours que nos oreilles pourtant aux aguets croisent pareil CD.
Oracular Spectacular s'écoute quasi d'un bout à l'autre avec une délectation égale, un plaisir conquérant et lascif. Pas étonnant donc que cet album, produit par Dave Fridmann
(Flamings Lips, Mercury Rev) propulse actuellement MGMT (comprendre management) sur le devant des scènes internationales. Bon, s'aligner sur les avis dithyrambiques et nombreux
déjà exprimés dans la plupart des médias n'est pas d'une folle audace certes. Mais Oracular Spectacular est si jubilatoire
qu'on s'en voudrait de ne pas participer à la fête. Surtout que les compositions du duo sont calibrées le plus souvent pour l'euphorie, et remettent au gout du jour certaines
divagations qui ont fait les heures de gloires et la réputation sulfureuse du rock (voir à ce sujet le texte de Time To Pretend qui ouvre l'album). On attendait donc la scène pour juger
les américains sur pièces. C’est sur celle de la Laiterie Strasbourgeoise que Ben Goldwasser (claviers) et Andrew VanWyngarden (guitare, chant et beau
gosse), accompagnés detrois autres comparses s'avancent, et leurs looks et pilosités confirment immédiatement l 'orientation flower power du groupe. Celui-ci
égrène les titres du CD avec quelques hésitations de mise en place, rapidement effacées derrière une maitrise quasi parfaite jusqu'à la presque fin du concert. Le chanteur en robe à fleurs,
soutenu par une reverb et des chœurs omniprésents, est
impressionnant de sérieux. Les guitares sont mordantes et n'hésitent pas à prendre le solo de temps à autre et à l'emmener tourbillonner sur les traces des guitares hero d'
antan. Les nappes de claviers et envolées progressives vont jusqu'à parfois rappeler quelques instants Genesis… ce qui frise un peu l'indécence. Andrew VanWyngarden se détend à
la vue des adolescentes du public qui montent sur scène et arrachent leur teeshirt. Ça remue les hanches et aussi les tripes. Après 45 mn pendant lesquelles quasi tout l'album défile (et parfois
de façon fabuleuse), le groupe se retire...puis revient interpréter un mini opéra déjanté et forcement psychédélique. Le
public et principalement les jeunes filles du premier rang, ne cache pas sa satisfaction et les musiciens sont aux anges. Peut-être trop. Soudain ceux-ci se
lancent dans une impro… improbable et au final, quelque peu chaotique. Mais qu'importe, MGMT aura eu le temps de convaincre et de prouver qu'Oracular Spectacular est plus que correctement défendu
sur scène. Qui en doutait?
C. Schneider
Publié dans : Live
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